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Exposition Jean-Michel Basquiat à la Fondation Louis Vuitton à Paris


Dessin à la craie sur le trottoir, Photo Scrubhiker

Présentée jusqu'au 21 Janvier 2019, l’exposition retrace l’histoire de Basquiat, celle d’un mythe, celui du « Radiant Child » de New York que la postérité lui a attaché… Comment ce garçon provocateur mais hypersensible est devenu l’icône du street art des Années 80 ?

Exposition de la fulgurance 1980 à 1988

L’exposition de la Fondation Vuitton affirme la dimension d’artiste majeur de Jean-Michel Basquiat, dont la fulgurante carrière de 1980 à 1988 a marqué l’art contemporain.

Sa pratique du grafitti, a permit de faire entrer l’art de la rue dans les musées, en renouvelant le concept d’art, en dénonçant les codes et les comportements sociaux bourgeois. Son art libre et brut, dérange pour provoquer le débat.

Il a expérimenté la fusion de nouvelles disciplines de figurations libres : multiplicité des supports de notre quotidien (bois, bâches , tissus…), du collage, bande dessinée, photographies, laissant souvent transparaître ses repentis, ses hésitations …

Pour la première fois réunies à Paris, cette rétrospective nous offre la possibilité de découvrir la série des Heads de 1981-1982 ou la présentation de plusieurs collaborations entre Basquiat et Warhol. Et de se plonger dans l’univers de cet artiste hyper sensible, boxeur, musicien, dont le combat de l’homme pour la liberté est au centre de l’œuvre.

Sa naissance médiatique
Jean-Michel BASQUIAT, Untitled, 1981
Untitled (1981), © J.-M. Basquiat
En 1980, Jean-Michel Basquiat est exposé pour la première fois, avec plusieurs artistes de l’avant-garde New Yorkaise, lors de l’exposition The Time Square Show.

Dans son style néo expressionniste, on retrouve l’énergie de la rue et des pulsations frénétiques du jazz qu’il écoute en travaillant à même le sol. Son style, aux traits presque enfantins, unique et violent, se caractérise par une profusion de motifs, de personnages associés à des écritures sans relation apparente les unes avec les autres : mots, lettres, signes, symboles, langue folle, sans contrainte, hors norme.


Il peint de manière compulsive et représente le plus souvent des personnages noirs, squelettiques aux figures monstrueuses, imitant des masques, perdus dans des décors aux couleurs criardes.
Son œuvre, intimement mêlée à sa vie, nous révèle le New York des années 80, avec toute la vitalité de la scène Underground, mais témoigne aussi de la société américaine capitaliste, inégalitaire et identitaire.
                    
Les mots, les lettres peuplent ses œuvres

Il aimait, autant que le sens des mots, leur aspect visuel. Lettres, lettres gribouillées, mots entourés, mots raturés, tournent éternellement d'un tableau à l'autre. Ses œuvres sont remplies de références religieuses et historiques, et l'anatomie est omniprésente.


Jean-Michel Basquiat, El grillo, 1984
   El grillo, 1984, © J.-M. Basquiat
Cet afro-américain dénonce l’Amérique raciste

Ses personnages expriment leur souffrance et la manifeste par les mots qu’il écrit au-dessus de sa tête: «crown of thorns» ou «couronne d’épines» que portait Jésus lors de sa crucifixion.

« Je ne suis jamais allé en Afrique. Je suis un artiste qui a subi l'influence de son environnement new yorkais. Mais je possède une mémoire culturelle : je n'ai pas besoin de la chercher, elle existe ». 
Jean-Michel Basquiat


Motif récurent dans son oeuvre, la couronne en guise de signature
Motif récurent dans son œuvre. Sa couronne, en guise de signature.
« The Radiant Child »

Dès l’âge de 16 ans, Jean-Michel Basquiat, enfant surdoué, très anticonformiste et provocateur, quitte l’école et fait de la rue de New York son premier atelier.

Basquiat naît à Brooklyn en 1960, d’une mère portoricaine et d’un père haïtien. Issu d’un milieu aisé, son enfance se révèle difficile, en cause les troubles psychiatriques de sa mère et sa relation conflictuelle avec son père strict et violent. Ses parents se séparent en 1968.

Heurté par une voiture à l’âge de 8 ans, sa mère lui offre un manuel d’anatomie, Gray’s Anatomy, pendant sa convalescence. Ce choc va marquer son œuvre, remplie de corps écorchés, viscères, sang…   
Jean-Michel BASQUIAT, Pez dispenser, 1984
Pez Dispenser (1984), © J.-M. Basquiat
Les graffitis de SAMO, « Same Old Shit »

C’est avec le graffeur Al Diaz, qu’il signe ses premiers graffitis sous le nom de SAMO. Ces premières expériences de la rue et de la drogue, vont contribuer à créer le mythe Basquiat. Ils couvrent les murs de Manhattan de slogans provocateurs, anticapitalistes et très virulents envers le monde de l’art. Il commence à fréquenter les clubs underground et branchés de New York. Il peint de manière compulsive, dans l’urgence, sur tout ce qu’il trouve : les vêtements, les murs, le réfrigérateur et même la télévision.


Graffitis SAMO, sur un mur de NEW YO




Andy Warhol, son mentor

Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat furent officiellement présentés l'un à l'autre à l'automne 1982. Leur rencontre s'avéra fructueuse puisqu'en est issue une solide amitié mais aussi, plusieurs collaborations professionnelles.            

Jean-michel BASQUIAT Dos cabezas, 1982
Dos cabezas (1982), © J.-M. Basquiat     




En 1985, il devient le premier artiste afro-américain à faire la "Une" du New York Times Magazine. The radiant child est devenu une star, ses oeuvres atteignent des records dans les salles de ventes. En février 1987, au sommet de sa gloire, il est dévasté par le décès de son ami Andy Warhol.


La mort

Le 12 août 1988, Jean-Michel Basquiat est retrouvé mort dans son appartement de Manhattan, à la suite d’une overdose d’héroïne. À 27 ans, il laisse derrière lui une œuvre de plus de huit cents tableaux et mille cinq cents dessins. Sa dernière œuvre le représente chevauchant la mort…


Jean-Michel BASQUIAT, Chevauchant la mort, 1988
Chevauchant la mort (1988), © J.-M. Basquiat 

Face aux panneaux de Basquiat, on se retrouve comme projeté face aux murs de New York, même si on ne décrypte pas tout, on ressent son désarroi…  Sous le choc, la fascination laisse la place à l’émotion… Venez vous confrontez au regard de cet artiste, plongez dans les rues New yorkaises …

Christèle Guillemot

Exposition du 3 octobre 2018 au 21 janvier 2019, de 09:00 à 23:00
Fondation Louis Vuitton
8, Avenue du Mahatma Gandhi
Bois de Boulogne
75116 PARIS
Retrouvez toutes les informations sur le site de la
Fondation Louis Vuitton






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