Si les Frères Lumières ont inventé le cinématographe (première diffusion publique en 1895), le cinéma comme nous le connaissons aujourd’hui s’est construit et empreint d’évènements, de grands tournants et de personnalités. Pionnier du 7ème art, Méliès est l'une de ces figures.
Portrait de Georges Méliès
Pour comprendre son impact sur le cinéma, il est important de recontextualiser l’existant de l’époque. Car si le cinéma était déjà présent, il était sous la tutelle des scientifiques qui s'attachaient à représenter des scènes de la vie quotidienne. Cela se faisait par le biais de “vues” (ancêtre du documentaire) dont la durée dépassait rarement les 5 minutes.
Un créateur de féérie
L'impression de l’imaginaire sur une bobine, c’est George Méliès qui l'inaugure, faisant apparaître visuellement ce qui n'était alors existant que dans les livres et les esprits. Il invente ainsi le genre fantastique et la science-fiction. Voilà ce qui arrive quand nous mettons le cinéma entre les mains d’un magicien.
Car avant d’être réalisateur, Méliès à eu une autre vie, celle d’un prestidigitateur, qui réalisait trucages, effets spéciaux et pyrotechniques à même la scène. Il rachète en 1888 le Théâtre Robert-Houdin, pour lequel il développe des spectacles de “grande illusion”, et s’applique à construire un univers féérique et intrigant, notamment en proposant à son public une collection d’automates plus réalistes que jamais.
La fusion de deux mondes
L’arrivée du cinéma dans sa vie, c’est l’association de deux mondes qui lui vaudront certainement de se trouver parmi les précurseurs des trucages cinématographiques. Il sera des premiers à manier la surimpression, la substitution, le fondu, l’agrandissement et autres techniques qui se jouent de la composition et des mécanismes des machines.
Il y ajoutera les techniques du spectacle de scène, avec les câblages et autres trappes qui feront voler ou disparaitres éléments de décor et personnages.
Il instaure également les premiers codes du cinéma (avec par exemple : des personnages se déplaçant de gauche à droite quand ils vont vers la lune, et reviennent en allant de droite à gauche) .
Mais la rupture des codes, il l’opère également dans la création de ses univers. Car la magie, c’est aussi une ambiance, qu'il ne se prive pas d’offrir au cinéma. Décors, costumes, comédiens, ses créations sont riches, fantastiques et travaillées. Georges Méliès n’hésite pas à déployer de grands moyens financiers pour l’époque (10.000 euros à la réalisation de Le voyage dans la Lune) et à s'entourer de professionnels afin de retranscrire au mieux ses ambitions à la caméra.
« On descend tous de Méliès ! »
Martin Scorsese
G. Méliès représente un bouleversement pour le cinéma, pourtant il finira sa vie en tant que vendeur de jouets suite à la faillite de son studio. Mais il laisse derrière lui presque 600 films auront marqué les esprits, dont ceux de grands auteurs (tels que Charlie Chaplin et David Wark Griffith) et l’Histoire du cinéma.
Le voyage dans la Lune est par ailleurs le premier film à être protégé par l’Unesco au titre Patrimoine mondial du cinéma et il recevra la légion d'honneur en 1930, sous le parrainage de Louis Lumières.
Aujourd'hui encore, le travail de Méliès inspire de nombreux créateurs qui n'hésitent pas à rendre hommage à l'un des pères du cinéma. Nous citerons le film Hugo Cabret qui a effectué sa sortie pour l'anniversaire des 150ans du cinéaste, ainsi l'expérience immersive Doodle par Google qui, je l'espère, vous donnera envie de vous plonger dans cet univers fantastique et inimitable.
Coralie P.