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La dame à la licorne : un chef d'œuvre de l'art médiéval, un large travail de restauration


L'illustration représente la vue depuis les sièges au centre de la salle. Il y a la tapisserie de l'Odorat à gauche et de l'Ouïe à droite. La lumière est tamisée et protège les tapisseries.
Exposition de la tenture de La Dame à la Licorne au musée de Cluny
© Océane Déchamps

La Dame à la licorne est présentée depuis le 14 juillet 2018 dans une exposition "Magiques Licornes" au musée national du Moyen-Age. Mais avant d'être exposées au musée de Cluny, ces six tapisseries ont connu une histoire riche en mystères et en rebondissements qui ont détérioré l’œuvre.

Grand état de détérioration

Les différents écrits à propos de ces tentures mettent en valeur leur grandeur, mais dénoncent aussi leurs états de délabrement. Ce contexte est décrit notamment dans la Note sur les tapisseries du château de Boussac (1853). 
Dans cette dernière, le baron Henri Aucapitaine énonce alors que trois tapisseries sont "roulées dans un coin de l'Hôtel de Ville de Boussac, où les rats et l'humidité en ont déjà attaqué les bordures et ne tarderont pas à y faire de notables détériorations".

Restaurer sans dénaturer l'oeuvre

En 1882, les tentures en grande partie détériorées rejoignent les expositions du musée Cluny.
Le musée national du Moyen-âge organise alors un important travail de restauration en quatre phases.
D'abord, les trous sont comblés (1882), puis certains décors d'arrière-plan sont remis en état (1882-1883).
Ensuite, entre 1889 et 1892, les parties bases des tentures sont refaites.
Enfin, les travaux de 1941 suppriment quelques réfections anciennes, refont les parties bases et reprennent les traits du visage.

Une restauration à l'épreuve du temps

Certains de ses arrangements sont visibles à l'œil nu. Le tissage utilisé, notamment pour la partie base des tentures, est moins résistant que les anciennes laines. La couleur rouge d'autant a ainsi laissé place à un rouge grisâtre.




L'illustration représente le coin gauche de la tenture Mon seul Désir où la démarcation entre les laines du moyen-âge encore rouge et les rénovations de 1941 d'un rouge grisâtre est visible.
Bord haut gauche de la tapisserie Mon seul Désir 
© Océane Déchamps


Cette illustration représente les traits du visage de la tapisserie L'ouïe de La Dame à la licorne qui ont été retravaillés lors de la restauration de 1941
La Dame à Licorne de la tenture L'ouïe
© Océane Déchamps 

 



La transmission de ces tapisseries et leurs mystères

La date et le motif de sa création sont, encore à ce jour, sujets à débat. Sa création daterait du XVIe siècle. Cette information se base sur le style de l'œuvre et le style vestimentaire. Cependant, ce n’est qu’en 1814 que cette œuvre est référencée pour la première fois.
En 1842, Geogres Sabd mentionne huit tapisseries avec des descriptions invasives et incomplètes. Manquerait-il deux parties de l'œuvre La dame à la licorne. Cela changerait-il le sens que l'on lui donne ?
Ses délibérations et questions ont renforcé l'intrigue autour de l'œuvre.


Océane D.

Exposition Magiques Licornes : du 14 juillet 2018 au 25 février 2019
Musée de Cluny,
28 Rue du Sommerard, 75005 Paris
Horaires : 9:15 - 17:45 (fermé le mardi)



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